Un premier retour positif pour les logements BBC

Publié le : Lundi 31 décembre 2012

L’association Qualitel et sa filiale Cerqual viennent de livrer les premiers résultats de leur étude « Vivre dans un logement BBC », basée sur l’expérience des habitants de diverses résidences classées basse consommation.


Afin de pouvoir évaluer les effets de l’application de la RT 2012 sur la construction et les habitudes des habitants de logements BBC, Qualitel a souhaité étudier la vie dans les bâtiments ayant obtenus le label BBC. En attendant le rapport final de l’association, qui devrait être publié en janvier 2013, un premier retour portant sur quinze témoignages des habitants de cinq résidences (trois ménages interrogés par résidence) permet d’obtenir quelques éléments de réflexion.

Une étude portant sur les usages du logement

L’étude intermédiaire portant sur un faible échantillon se concentre essentiellement sur la comparaison entre la consommation attendue par la convention BBC et la consommation réelle des habitants.
En prenant en compte les inégalités liées aux températures externes et au comportement des habitants, pouvant biaiser les résultats de l’étude, force est de constater que la plupart des ménages ont une consommation supérieure à l’attendu.

Si ces résultats sont parfois liés à des raisons techniques, le comportement des usagers qui ne respecteraient pas les conseils d’usages définis par la convention sont également à prendre en compte. En dépit de résultats légèrement au-dessus de la moyenne, il reste à noter que la consommation énergétique finale de ces logements est bien inférieure à celle des logements construits sous la RT 2005. Sur l’échantillon observé et en fonction de la composition du ménage, la durée d'occupation, le niveau d'équipement électroménager et les habitudes de vie (ventilation, température intérieure souhaitée), la facture énergétique était de 40 €/mois à près de 110 €/mois.



isonat
 

Plus d’investissement dans la construction

Autre point mis en évidence par cette étude : le montant des investissements, qui est plus élevé pour les bâtiments répondant aux normes de la RT 2012 que ceux de la RT 2005. Ces coûts plus élevés s’expliquent en partie par l’effort porté sur les travaux d’isolation thermique, l’augmentation d’équipements solaires (thermiques et/ou photovoltaïques), la pose de triple vitrage et de ventilation double-flux.
Le coût des constructions (en Ile-de-France) bien que variant entre 1230 €/m² à plus de 1800€/m² début 2009, sont désormais plus abordables avec la possibilité de réaliser un logement BBC à 1100€/m².

 

Des habitants satisfaits

Concernant le confort de ces habitations, les occupants sont en majorité satisfaits, particulièrement par rapport à l’isolation thermique en hiver. L’isolation thermique en été pourrait quant à elle être perfectionnée, notamment dans les pièces orientées au sud dans les régions méridionales.
L’hygrométrie variable des logements est pour sa part peu impactante sur le confort des résidents. Le taux de CO2 de l’air intérieur serait également correct.

 

Plus d’information et de suivi pour les habitants

Si la qualité technique des bâtiments livrés entre 2009 et 2010 est aujourd’hui satisfaisante, la mise en œuvre du BBC nécessite encore un processus d’apprentissage de la part des professionnels. En effet, de nombreuses différences ont été observées entre la réalisation d’une première construction et les suivante : maîtres d’ouvrages et maîtres d’œuvre ont en effet tendance à privilégier l’étanchéité à l’air plutôt que d’investir dans des solutions ou des équipements trop onéreux.
Enfin, l’étude relève que ces résultats pourraient être améliorés en apportant une meilleure information des habitants dans leur occupation du logement. Un accompagnement dans l’appropriation des qualités du logement pourrait être mise en place en trois phases : à l’aménagement, à six mois, puis à un an d’occupation.

Si quelques démarches sont déjà mises en œuvre en ce sens, le BBC ne devrait pouvoir exprimer son plein potentiel que grâce à une montée en compétence et en disponibilité de la part des bailleurs et des syndicats de copropriété. Ceux-ci auraient alors la responsabilité de sensibiliser les habitants des résidences.