L’éco-construction intéresse de plus en plus les artisans

Depuis son entrée en vigueur en 2007, le Grenelle de l’environnement a changé de façon radicale les méthodes constructives en France. Une enquête réalisée par CERFrance/Ipsos s’est intéressée au ressenti des artisans face aux nouvelles normes du bâtit.
 

La mise en place du Grenelle de l’environnement a donné lieu à la création d’un cadre de cohérence des actions publiques, incluant les méthodes de construction des bâtiments. Celui-ci a défini les bases de l’éco-construction, fixant de nouvelles limitations de consommation énergétique. Ces mesures, de par les contraintes et le coût de leur mise en œuvre, n’ont pas toujours reçu un bon accueil de la part des artisans.
Cette tendance semble néanmoins s’inverser progressivement : selon l’étude de CERFrance/Ipsos, les artisans seraient en effet 44% à être attachés aux valeurs de l’éco-construction en 2012 contre seulement 35% en 2011.
 

isonat

 

Une entrée progressive dans les moeurs

Si de nombreux artisans sont aujourd’hui favorables aux mesures pour la performance énergétique du bâtiment (incluant entre autre les notions de bioclimatisme, de performance de l’isolation thermique et l’utilisation d’équipements peu énergivores), la demande en éco-construction n’est pas encore généralisée. Moins d’une entreprise sur trois a pu constater une augmentation de la demande sur ce secteur sur les deux dernières années. Seules 37% des entreprises interrogées ont déjà réalisé des travaux d’éco-construction (en construction ou en rénovation) contre 39% en 2011 et 40% en 2010. Une légère baisse qui s’explique notamment par un niveau d’exigence croissant vis-à-vis des normes constructives. En effet, 34% des constructeurs souhaitent aujourd’hui attendre le plus longtemps possible avant d’effectuer des chantiers d’éco-construction et 26% ne pensent les mettre en œuvre que d’ici un à deux ans. 

Arguments de poids pour aider les particuliers dans le choix d’une entreprise à laquelle confier leurs travaux d’amélioration énergétique (isolation thermique intérieure et extérieure, installation de chauffage, ventilation, etc.), les labellisations ou certifications qualité environnementale sont pour leur part boudées par les professionnels. 79% des sondés admettent ne pas bénéficier d’un label ou d’une certification et ne l’envisagent pas pour l’instant.

 

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Les entreprises en pleine restructuration

Si aujourd’hui l’éco-construction n’est pas encore totalement entrée dans les mœurs, c’est en partie du fait d’une faible demande de la part des acheteurs. En  deux ans, la demande en travaux d’éco-construction a seulement augmenté de 2% (avec 59% en 2012 contre 57% en 2010). De nombreux professionnels ont également été dépassés par la mise en place rapide des nouvelles législations.
33% déplorent un manque de formation et d’accompagnement ; 26 % la nécessité d’investir dans de nouveaux équipements plus adaptés et 17% font face à un manque d’effectifs au sein de leur entreprise pour répondre aux attentes de ce type de chantiers.
Du point de vue des artisans, la difficulté à obtenir des aides financières (31% des sondés en 2012) est également un frein au développement de ces chantiers.

Alors que 32% des artisans ont constaté une diminution de leur activité depuis 2011 et que les perspectives d’embauche sont revues à la baisse, la tendance à la construction raisonnée reste bien présente. En effet, de nombreuses entreprises pourraient bénéficier du développement de l’éco-construction… une opportunité qui séduit à l’évidence un nombre croissant de professionnels, conscients du potentiel de cette offre. Plus d’un quart des artisans estime aujourd’hui que la demande en matière d’éco-construction de la part de leurs clients a augmenté.